Festival Les Courants @ Amboise – 01 juillet 2016

Aujourd’hui direction Amboise sur l’île d’Or. Créée par la séparation de la Loire en deux bras, c’est un endroit accueillant et chargé d’histoire. Mais n’ayez crainte c’est bien de musique dont il est question dans ce report. En effet c’est le lieu où se déroule le festival les Courants. Et pour cette quinzième édition c’est une programmation très éclectique qui nous attend.

C’est le duo Léonid qui a la difficile tâche d’ouvrir le festival. Fafa Daïan et Rémi d’Aversa prennent du plaisir à jouer ensemble et réussissent à le transmettre aux personnes présentes. Un travail scénique et musical intéressant qui auraient mérité un public plus nombreux.

Enchaînons avec The Fat Bastard Gang Band. Un groupe surprenant fondé en 2009 par sept musiciens (chant/guitare, basse, accordéon, tuba, trombone, trompette…). Ils puisent leurs influences dans les musiques traditionnelles balkaniques ainsi que dans les sons électroniques actuels et chantent dans différentes langues. Assurément un groupe de scène, il suffit pour cela de voir leur aisance du groupe à emmener la foule dans leur univers. Et pour clore ce voyage intéressant, les membres du FBGB joueront leur dernier morceau au milieu d’un public conquis.

La fête continue avec la Gran Ursula, les premiers rangs vont danser sur les airs de cumbia, agrémentés de rock, de reggae et de salsa. La formation composée d’une dizaine de musiciens/chanteurs communique beaucoup avec la foule .et surtout fera bouger son auditoire sur toute la durée du set. Cette heure de concert est une incitation au voyage et bien qu’ils n’évoluent pas dans mon style musical favori, force est de reconnaître que j’ai passé un bon moment à leur côté.

Direction la grande scène pour accueillir les membres de Caribbean Dandee, formé par le charismatique Joey Starr et Nathy Tüco. Pendant que la foule s’impatiente, je prends place dans le pit. Ma première bonne surprise est d’apercevoir un batteur, un bassiste et un guitariste en plus du DJ que je m’attendais a voir seul pour accompagner le duo.

Puis lorsqu’ils rentrent dans l’arène sur le titre du même nom, cette chanson prend vraiment tout son sens. Le Jaguarr est vraiment dans son élément sur scène face à son public qu’il harangue en permanence. Il maîtrise l’espace avec son compère, toujours en mouvement ils se croisent, se collent et on sent une réelle connivence entre eux. Que ce soit sur des titres de Caribbean Dandee ou NTM la voix puissante de Joey Starr s’accorde parfaitement avec celle de Nathy plus aiguë et enivrante que l’on apprécie lorsqu’il chante « Marie« . La reprise de « Seine-Saint-Denis Style » avec un mashup de « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana est une bonne surprise et un morceau apprécié des festivaliers. Une chose est certaine (sans minimiser l’énergie de Nathy),  Joey Starr est vraiment à la hauteur de sa réputation en live.

L’heure est venue de faire une pause et de se restaurer au rythme du gros son de DJ Kanka un des fers de lance de la scène dub »steppa »

C’est sous la pluie qu’apparaît la fée Boxon, pour nous annoncer, je cite « un putain de concert« . Mais il faut plus que quelques gouttes pour décourager une bande d’agités venue voir le Bal des Enragés. Doit-on encore présenter ce collectif ou plutôt cette bande de potes formée par la crème de la scène rock, punk, metal francais. Tagada Jones, Parabellum, Lofofora, accompagnés de Stéphane Buriez de Loudblast, VX de Punish Yourself, Poun de Black Bomb A et Vince d’Aqme. Sans oublier les excellents performers  Klodia Sarkling et Lolo Lefourb’, ce n’est donc pas un hasard si la tournée actuelle se joue à guichets fermés sur l’ensemble des dates.

Ce qui est génial avec le Bal des enragés, c’est de voir la complicité et la bonne humeur qui règnent au sein de la troupe, personne ne tire la couverture à lui. C’est une famille qui sait renvoyer à son public la joie qu’ils prennent à jouer ensemble et devant lui. Durant une heure et demie les titres vont s’enchaîner dans des styles totalement différents sans que cela ne perturbe l’auditoire. « Sabotage » des Beastie Boys, « A bas la hiérarchie » de Stupeflip, bien évidemment « Cayenne » en hommage à Schultz, « Heroes » de David BowieTrust, Motorhead…. pour finir par un flamboyant « Vive le feu » des Bérurier Noir. Finalement l’inconvénient de les voir en festival c’est que le set est forcément beaucoup plus court, mais reste tout de même jubilatoire.

Je tiens à remercier toute l’équipe du festival pour son accueil et sa convivialité.