Hellfest @ Clisson – 19 juin 2015

Le Hellfest fêtait ses dix ans en juin dernier. Hé oui, déjà la dixième édition, pourtant je me remémore mon arrivée sur le site en 2006 comme si c’était hier. Et à l’époque, qui aurait pu croire que ce festival serait devenu ce qu’il est aujourd’hui ? Il est quand même passé d’un rassemblement de satanistes à “The place to be” en quelques années, avec une billetterie « sold out » de plus en plus tôt, ce qui fait surement rêver plus d’un festival, surtout à l’heure actuelle avec les baisses de subventions… et les annonces d’annulations de plus en plus fréquentes pour manque de places vendues.

Alors oui, comme tout le monde, il m’arrive de râler et de trouver que c’était mieux avant, mais là c’est plus mon côté photographe qui parle. En effet, je vois une différence dans le public qui fréquente le Hellfest aujourd’hui. Et oui, ce n’est plus tout à fait le même, cette année moins de gothiques, de looks improbables, des looks pas aussi intéressants, et plus ? trop ? classique photographiquement parlant, et les Spiderman et autres Batman qui ne me font plus rêver, on les voit partout…

Par contre sur le côté logistique et amélioration du site, c’était pas mieux avant. Il suffit de voir la pelouse cette année : quelle bonne idée, on gagne en confort et sur 3 jours c’est pas négligeable, et surtout que de poussières en moins. Les points d’eau, très nombreux cette année, permettant de se rafraichir sans attente. Puis l’amélioration notable des tentes Valley, Altar et Temple, beaucoup moins étouffantes que par le passé avec des écrans à l’entrée. Seul bémol dans cette zone, la partie bar/restauration/banque trop proche des tentes créant un point de congestion, en cause certainement l’emplacement du skate park qui sera peut être à repositionner dans le futur. Et cette déco toujours plus riche et qui met vraiment dans l’ambiance Hellfest. La cathédrale pour entrer sur le site était magnifique cette année, on n’a clairement pas ça ailleurs et c’est aussi pour ça qu’on l’aime, même si je ne m’étendrais pas sur celle entourant les Mainstages.

Vulcain @ Clisson (Hellfest) - 19 juin 2015

Pour ma part, la journée débute avec Vulcain, vieux groupe de Hard français, ça joue sérieux et carré, c’est très pro, ce qui est la moindre des choses avec plus de trente ans de carrière me direz-vous. Le son au début n’est pas exceptionnel  (trop de basse dans le mix), cela s’arrangera en cours de set. Le trio est en forme et de bonne humeur, ce qui permet d’apprécier encore plus le concert malgré une ambiance en demi-teinte devant la mainstage. L’intervention des pompiers et de leur grande échelle à proximité de la régie n’y sera peut-être pas étrangère. Et on peut le dire, parfois le métalleux se laisse facilement distraire.

Pas le temps de souffler, direction la Valley voir les allemands de Samsara Blues Experiment : tout simplement excellents, du très bon stoner, un bassiste qui ressemble beaucoup au bassiste de Kadavar, des solos planants en veux-tu en voilà, un son au top (une constante dans la Valley), un public nombreux et conquis. Bref ce n’est que le deuxième concert et déjà aucun regret ne sera possible à l’issue du festival, c’est une certitude.

Une petite balade sur le site pour faire quelques portraits, un sandwich, et retour à la Valley déjà bondée pour voir Truckfighters : le public est comme possédé et il chante les chansons par cœur ! Truckfighter, c’est du gros rock stonerisé bien gras. Dango le guitariste saute comme un cabri tout le long du concert. Quelle santé et quelle énergie, ils sont forts ces Suédois !

Changement de décor et d’ambiance avec Armored Saint sur la Mainstage : un vieux groupe de métal américain, qui se fait plutôt rare en France, et une première au Hellfest. Ce n’est pas le concert du siècle, mais ça joue sérieux avec tous les bons ingrédients du métal (solos, batterie, basse). Cela permet de passer un bon moment et de les voir enfin sur scène. Cette joie semble partagée. John Bush le chanteur est apparemment ravi d’être là, d’après la bonne humeur qui se lit sur son visage durant les 40 minutes du set.

Retour à la Valley. C’est un de mes endroits favoris, alors pourquoi bouder son plaisir surtout avec les nouveaux aménagements. Il ne manque plus que les lits de camps pour le soir. Cette fois c’est Orchid qui fait son entrée sur scène, du stoner typé 70’s, un son très propre, mais je ne peux pas être objectif car j’adore ce qu’ils font. Un chant aigu, des solos inspirés, encore un concert qui est passé trop vite, un regret tout de même : le manque d’interaction entre Theo Mindell et le public.

Retour aux Mainstage voir Billy Idol : l’OVNI du jour au Hellfest. Il a su s’entourer de bons musiciens, qui savent aussi faire le show comme son guitariste Steve Stevens qui s’éclate sur scène. Il n’a pas perdu sa voix des 80’s, et enchaîne des tubes à la pelle : Fresh for Fantasy, Rebel yell qui est joué un peu trop tôt a mon goût, Dancing With Myself, L.A. Woman des Doors, une reprise très Rock n’ Roll … Pour ma part ravi de l’avoir vu sur scène, la prestation était globalement bonne même si je m’attendais à autre chose, aurait-il finalement mieux vieilli que sa musique ?

On enchaine avec Sodom, du trash allemand un peu bourrin, mais très bien maitrisé. Un set ultra conventionnel avec quelques chansons du dernier album et des “tubes” piochés dans une grande partie de la discographie du groupe : Agent Orange, The Saw Is The Law, Remember The Fallen, Outbreak Of Evil, Among The Weirdcong, Sodomized et j’en oublie quelques-uns.

Un très bon concert avant le groupe que tout le monde attend, la légende du rock’n’roll : j’ai nommé Motörhead bien sûr ! (aucune objectivité possible durant ce concert). Le site se remplit pour les voir, et franchement, c’est encore un très bon live ! Le groupe, vu la santé plus que fragile de Lemmy, pioche plutôt dans ses chansons “calmes” (Stay Clean, Metropolis, Damage Case, Lost Woman Blues du dernier très bon album, Shot You in The Back et Doctor Rock). Certaines chansons sont même jouées avec quelques BPM en moins. Il y a quand même de bonnes surprises avec Rock It (rarement jouée en concert), et Orgasmatron (plus jouée depuis un bail), et quelques pépites plus rapides (Going To Brazil, Over The Top, et bien sûr Ace Of Spades et Overkill) qui nous font passer un  excellent moment malgré les discours un peu longuets, le solo de batterie dispensable et surtout le solo de guitare inutile de Phil Campbell (tout ça permettrait de jouer une autre chanson). Cela permet surtout à Lemmy de se reposer et de lui rendre ce set plus agréable.

Un petit détour pour pour découvrir Arkona avant l’arrivée d’Envy sur scène.

L’heure est venue de faire une petite pause, tant d’émotions à suivre ça creuse. Puis je passe faire un tour à la Valley pour voir les japonais d’Envy, et leur son post rock. Arrivé un peu tard, j’espère pouvoir les revoir dans de meilleures conditions pour pouvoir me faire une idée plus précise de leur prestation scénique.

Avant de me rendre à la Warzone, je fais un détour pour photographier Cradle of Filth, car pour être honnête ce n’est pas vraiment mon style musical, mais ils sont très photogéniques.

Je préfère aller écouter les anglais de Peter and the Test Tube Babies. Cela fait longtemps, mais alors très longtemps, que je ne les ai pas vus sur scène et j’ai un peu peur que cela ait pris un petit coup de vieux… Et bien que nenni. Quelle bonne surprise ! Ils sont en forme et d’humeur taquine et surtout fidèles à leur réputation de déconneurs. Très bonne osmose avec le public, punk’s not dead !!!

Aller-Retour à la Valley pour Mastodon qu’on ne présente plus et qui reste tout simplement incontournable sur scène de par sa musique et le charisme de ses membres. Ma surprise tient plus dans le fait de ne pas les avoir vus sur une mainstage, mais cela n’aura gâché en rien mon plaisir.

Un detour rapide et curieux pour voir Satyricon sur scène.

Pour poursuivre la soirée, j’irais assister aux spectacles dans la partie presse/VIP. Puis un petit passage pour voir Judas Priest, légende du métal Anglais avec un Rob Halford très en voix pour ce que j’ai pu entendre. Et pour finir la soirée en beauté, un dernier concert avec les Dead Kennedys, groupe punk américain que j’avais raté lors de leur passage à la première édition du Hellfest. Le public tout comme les artistes sont ravis d’être là : note positive pour boucler cette première journée.